Les amis de Béni Abbès

Compte rendu du voyage de l'association à Beni Abbès - Avril 2014

Dépaysement assuré pour des Ariégeois plus habitués à la verdure, l’eau des torrents, la cime enneigée des montagnes…autre environnement, autres mœurs…

Ce voyage, nous l’avons envisagé à l’automne 2013 en pensant que nous allions emboîter le pas à Thérèse et Jean : donc, démarches consulat, visa, billets d’avion… et puis l’attente : les nouvelles de Jean, les contacts avec Thérèse…les questions :

Que faire ? tous seuls ? si loin ? mais le jour où Jean a parlé à Jacquie au téléphone et voyant que tout le monde était prévenu pour organiser notre séjour…bien sûr, on a compris qu’on partait. Tout était prévu au-delà de ce qu’on pouvait imaginer : programme, personnes relais, hébergement, prise en charge, sécurité et moindres détails pour le confort de l’expédition.

Bus de nuit pour arriver dans le sud, au Sahara : les premières images du désert au petit matin, sable, chameaux et le relais pris par le taxi à Béchar. Après un petit déjeuner avec le chauffeur, cap sur Beni Abbès pour une arrivée en fin de matinée.

Une ville qui s’étale sur le plateau caillouteux, maisons en béton gris regroupées en quartiers dans lesquels on tourne avant de se repérer avec des épandages de sable qui s’engouffre partout ; mais des jardinets devant la porte pour de la fraîcheur ; les constructions plus anciennes comme l’ermitage en terre ocre comme la dune…et en contrebas la large vallée de la Saoura, la palmeraie et au bout le ksar dominé par les bâtiments de l’administration. Dommage, il n’y aura pas de belles cartes postales ! Il faut se plier aux exigences des contrôles pour la police (sécurité oblige), ce sont les frères Yvan et Henri qui s’en occupent et même pour faire taxi avec la mobylette afin d’acheminer nos bagages chez Halima !

Accueil chez Halima qui m’héberge (Jacquie logera à l’ermitage, Maïté, José et Serge chez Mr Hammi et Séti) : nous avons droit à la grande cérémonie du thé. Nous sommes un peu fatigués depuis notre départ d’Alger la veille au soir et quand Halima me propose le tour de ville pour aller voir la dune, j’ai un temps d’hésitation ! mais je ne peux refuser et quand on monte sur la dune, il n’y a qu’Halima qui est majestueuse dans sa belle robe noire ! moi je suis écarlate, il fait chaud…mais je serai heureuse de ce premier contact car le vent très fort en fin de semaine nous a privé de l’exercice du ski sur sable. Halima, ordonnatrice de notre séjour, a eu le souci à tout moment de s’assurer que tout se passait bien. Je crois qu’elle, et tous les amis ont mis un point d’honneur à faire de notre venue un événement …trop heureux de nous montrer que l’hospitalité est leur valeur première.

Nous avons rencontré des hommes et des femmes du sud, très attachés à l’Algérie, au désert et à leur oasis…semaine des élections présidentielles mais rien apparemment ne le laissait supposer ici contrairement à ce que l’on voyait à Alger ; le traumatisme des années 90 est tel que tout le monde dit « plus jamais çà » venez en Algérie, n’hésitez pas, dites le autour de vous…

Dès le premier jour, Halima nous a fait découvrir le ksar, ses ruelles, sa mosquée, ses habitations et les murs en terre séchée (un beau patrimoine à préserver et à valoriser, sacré chantier pour les volontaires !) puis nous traversons la palmeraie et quand on voit les photos du gros incendie de juillet, nous comprenons le désastre ; difficile d’entretenir l’ensemble sans grands moyens sauf quand on est amoureux de son jardin comme M Hammi qui nous a fait l’honneur d’une fin de journée au frais ; on comprend pourquoi ses amis le rejoignent même à l’heure de la prière… Avec Halima aussi halte dans le coin le plus fréquenté par les ados de B A, la piscine où nous passerons de bons moments pour nous protéger de la grosse chaleur en milieu de journée ; José et Serge ont bien profité de leur baignade quand les jeunes se retiraient… c’était plus calme !

Halima nous a donné la possibilité de visiter également le centre de recherche pourtant en grands travaux avec quelques pensionnaires qui ne semblent pas trop affectés par le chantier ! Ce fut sans doute un moment émouvant pour Halima puisque son mari y travaillait en Education Environnementale avec les élèves et les chercheurs dans la « Salle pédagogique des Zones Arides », aventure de près de vingt ans, interrompue mais à l’origine de nombreux clubs verts scolaires et d’associations…Nous avons pu voir des travaux exposés avec la signature de Thérèse. Ce serait bien de revoir un jour cet ensemble réaménagé et opérationnel ! Peut-être pour de futurs chercheurs qui fréquentent aujourd’hui l’association où Boudjema (ancien animateur de la Salle pédagogique et collègue de Hadj Benrahou ) … reçoit garçons et filles pour les sensibiliser au respect de l’environnement , problèmes de l’eau , des déchets, plastiques notamment (l y en a partout), protection de la flore et de la faune, comme dans les nombreux clubs verts scolaires. Il y met tellement d’enthousiasme qu’il ne paraît pas possible que quelques jeunes ne lui emboîtent pas le pas…

D’autres s’emploient avec application à faire découvrir le pays, le désert : au programme avec Abdellatif et son association ATLED, nous avons fait à dos de chameau une superbe ballade à travers les dunes pour aller déguster un repas nomade sous un arbre, sur une table garnie par nos accompagnateurs avec potée du désert et pain cuit sous pierres chaudes, délicieux…et à cet endroit, Abellatif accompagne ambassadeurs et représentants étrangers ! ce n’était pas évident de se tenir à dos de chameau !!! on peut préférer à un moment, la marche à pied comme Jacquie qui a cheminé au pas du nomade. Au désert, on a le temps de méditer, de regarder, de goûter…

Et que dire de Kader, responsable du ski sur sable, vrai de vrai nomade amoureux du Sahara, qui nous a accompagnés à Marouma pour relever les traces de vie au désert , pour nous montrer les aménagements d’aujourd’hui pour accueillir les touristes et aussi nous faire constater les effets terribles de l’oued en crue. Aussi nous n’avons pas manqué de fêter l’amitié franco-algérienne en sortant du restaurant à Marouma. Déception pour Kader comme pour nous, le vent de sable nous ayant privé de la sortie du samedi pour le ski sur la grande dune. Mais la gentillesse de nos hôtes nous a permis de déguster les repas et surtout le couscous du jour de Pâques préparés par Nadia, l’épouse de Kader.

Notre semaine fut particulièrement bien remplie et surtout notre meilleur souvenir sera pour ces amis qui nous ont ouvert leur porte et accueillis à leur table : comme ils étaient heureux de parler du pays, de parler de l’Ariège et de Pamiers ! Grand moment avec les jeunes venus à Pamiers en juillet 2012 et le repas préparé par les mères et que les pères ont apporté en faisant réserver la piscine ce jour là !

Ils vous attendent et souhaitent des échanges encore et encore… Mobilisons-nous pour soutenir leurs projets ! et nous avons souvent levé le verre de kéfir à notre amitié et à la santé de tous… comme c’était bon et rafraîchissant !


Compte rendu du voyage de l'association à Beni Abbès du 8 au 18 Avril 2006

Le voyage est organisé pendant les fêtes du Mouloud par Jean, Thérèse et Karim, ici vivement remerciés.
Le « référent » local Kato pilote et remplit plus que sa mission de guide, de par sa gentillesse et sa disponibilité.
Farid, président de l'association culturelle Ksiba gère l'accueil dans les familles ; Halima coordonne .

Après une balade en soirée à Oran sur le front de mer et à l'ancienne cathédrale aujourd'hui bibliothèque, une pizza Oranaise suivie du premier thé à la menthe dans le petit salon de l'hôtel font introduction à la première nuit sur le sol africain.
Le trajet Oran Béchar qui dure 14 h en bus de ligne est l'occasion d'admirer l'atlas ,les douars, les plaines agricoles, le désert de rochers et sables, puis le grand erg et son soleil voilé par le vent de sable.

A la tombée de la nuit, en dépit de la fatigue, le séjour commence fort et symboliquement, dans l'eau de SOURCE de la piscine, ainsi qu'autour d'un couscous consommé sur place dans la végétation colorée du jardin, avec pour seule intrusion dans la ville, l'élégante enfilade de rues à arcades.....suspense .....

LES MOMENTS FORTS DANS L'OASIS ET SES ENVIRONS

Aquarelle
Aquarelle de Annie

1/ La visite guidée du lagunage.

Objectif n°1 ,découverte de son fonctionnement, ses caractéristiques techniques telles que le débit des eaux usées, les bassins à plein ou asséchés, le dégrilloir, etc.

2/ La présentation de la station de recherche scientifique saharienne :

OiseauAnimaux vivants des régions désertiques : dobs, tortue....

Musée : vitrines d'animaux (taxidermie) : oiseaux (outardes, autruches), poissons des sables, mammifères (gazelles), insectes (sauterelles), scorpions ...

Materiel d'irrigation :
  a) système de la séguia : arrosage orchestré
  b) système de la fogara : grille

galerie : objets archéologiques, préhistoriques : silex, meule,...

 

3/ La fête de la naissance du prophète Mahomet :

La ville est en liesse : baroud pour les hommes, spectacle et couscous géant pour les femmes.
Les hommes revêtus de la djellaba blanche, armés de fusils et de poudre rythment leur danse avec des coups de feu, tel un rite purificateur ou celui de la protection du clan ?
Ils intègrent les nouveaux nés de l'année initiatiquement dans leur cercle et paradent à travers la ville et la palmeraie.
Les cris, salves, fumées, flammes font un spectacle complet pou les gradins, d'emblée, les rues, les chemins, l'esplanade les deux jours suivants.
Les femmes roulent la graine du couscous pour la communauté villageoise augmentée de visiteurs venus des environs ou même du nord du pays. Elles chantent, dansent entre elles et servent la "chema", pâte à base de cacahuètes, fèves, pois chiches, amandes et sucre.

4/ La méharée dans l'erg.

Organisée par l'association « El Kaima », avec bivouac et la traditionnelle galette "el mella" cuite dans le sable chauffé par la braise. Elle est accompagnée du son de la flûte en roseau du chamelier, sous les étoiles et ...du vent de sable qui rougit les faciès !

5/ La rencontre des petites soeurs et petits frères de Foucault

avec qui est partagé le déjeuner du jour de Pâques et qui font découvrir la chapelle au sol de sable, le musée, l'ermitage, la cour en fleurs, le jardin, l'histoire du site grâce à la vidéo et aux intervenants .

6/ La vallée de la Saoura

Les 4x4 permettent de :

longer la splendide vallée

grimper sur le plateau noir le djebel à Marhouma ou à même les rochers des gravures de plus de10.000ans avant J.C. attestent de la présence humaine et animale : représentation d'antilopes, d' autruches, de fennecs.

creuser dans l'oued jusqu'à la "rose des sables"

rendre visite au potier qui montre ses ateliers et ses productions à El Bayada..

L'itinéraire passe sur une berge par une plantation récente de palmiers dattiers (100 à l'hectare) arrosés au goutte à goutte Ruinessur l'autre berge par le site ou foisonnent les "orthocères", fossiles de l'ère primaire.
Ces nombreux mollusques témoignent de l'existence de la mer sur de grands pans de désert (jusqu'au Maroc) à une époque très ancienne.

Ce séjour a permis de riches rencontres avec les habitants de l'oasis, logeurs, familles, amis, enfants et jeunes des écoles, enseignants, organisateurs, techniciens et responsables locaux (maire, assainissement) et de ce fait une sensibilisation à leurs préoccupations...pour ne citer que quelques exemples :

Gestion de l'eau : projet pour l'assainissement, réserves au quotidien car l'eau est rare mais gratuite, grands réservoirs pour les jardins de la palmeraie, même si la tradition des cultures est délaissée voire abandonnée par les jeunes, maîtrise de l' irrigation pour de riches productions de maraîchage.

Un potentiel touristique et la volonté de développer des activités

Sportives : natation, ski sur sable...
Culturelles : festival de musique, station de recherche...
Artisanales : poterie, objets tissés, tissus brodés aux motifs ancestraux
Touristiques : hôtellerie, mise en valeur de la vieille ville

Le leitmotiv facilitateur, en tous lieux, toutes circonstances, l'invitation au thé, moment de partage d'authenticité et de communication vraie. L'émotion ....qui nourrit la réflexion: celle visible des anciens ébranlés par un incendie dans la palmeraie : ce tronc noir calciné, et la mort du palmier nourricier dénudé la terre mère, pourtant si riche alentour grâce à la présence de l'eau...

Modifié le :
14/01/2016
Association loi 1901 "Les amis de Béni Abbès"
Siège social : 4 IMPASSE DE LA BELLE AUDE 09100 PAMIERS
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